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"Once you fall in love with the ideas," he exults, "that is so thrilling. There's not much more to think about except trying to go as deep into that world as you can and being true to those ideas. You kind of get lost. And getting lost is beautiful."

-David Lynch



"Once you get into the flow of things, you're always haunted by the way that things could have turned out. This outcome, that conclusion. You get my drift. The uncertainty is what holds the story together, and that's what I'm going to talk about."

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Paul D. Miller aka Dj Spooky that Subliminal Kid
 

 

«Dans diverses ville et de façon indépendante, nous sommes quelques-uns à utiliser l’écran de télévision pour la projection de nos poèmes. Les difficultés sont immenses -J’avoue pour ma part, que j’avance à tâtons- mais les perspectives qui s’ouvrent peu à peu le sont aussi. Je suis certain que les poèmes projetés sur l’écran deviendront un jour une nouvelle forme poétique. Ce genre affectera l’émission et la réception des poèmes d’une manière aussi profonde que l’invention de la typographie. C’est ainsi que se réalisera, enfin, l’union des deux sens privilégiés de l’homme : la vue et l’ouïe, l’image et la parole. Bientôt, j’en suis convaincu, on pourra satisfaire à la double condition du plaisir esthétique et de l’expérience poétique : la fête et la contemplation. La première est un art de participation et de communion; la seconde est un dialogue silencieux avec le monde et avec nous-mêmes. Dans le poème à venir, lu et entendu, vu et écouté, les deux expériences vont se fondre. Fête et contemplation : sur la page animée de l’écran, la typographie sera un jaillissement de signes, de traits et d’images en couleurs et en mouvement; à leur tour, les voix dessineront une géométrie d’échos et de reflets, un tissu aérien, le son et le sens entrelacés.»

-Octavio Paz, L’autre voix, Poésie et fin de siècle, Arcades, Gallimard
 

 

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In the Amazon and other places where visionary plants are understood and used, you are conveyed into worlds that are appallingly different from ordinary reality. Their vividness cannot be stressed enough. They are more real than real, and that's something that you sense intuitively. They establish an ontological priority. They are more real than real, and once you get that under your belt and let it rattle around in your mind, then the compass of your life begins to spin and you realize that you are not looking in on the Other; the Other is looking in on you. This is a tremendous challenge to the intellectual structures that have carried us so far during the last thousand years. We can do tricks with atoms, there's no question about that, but these tricks immolate us. The higher-order structure of molecules, let alone organelles and that kind of thing, is intellectual incognita to us. We have no notion of how these things work or what is going on. Yet it is from those levels that the constituent modalities of reality are being laid down.

-Terence McKenna


 

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But what was "real?" Would we know it if we saw it? Problems arise. Meaning migrates, moves, transforms. It never stays the same. Next corner next intersection. Switch. As if we were blind, the street corner emits a series of beeps to tell us its okay to walk. But this time we arrive not inside a dream as much as we witness a series of tableaux that seem too real to be mere fantasies - even though they have to be. If all our memories, our backgrounds, are as false as all the rest, then just who are we? What are we? A shorthand description of the mime play between narrative engines of desire and technology? The urban landscape, sphinx-like, looks back at us, daring us to plumb its secrets. It, however, is not neutral territory. Meanwhile the world encapsulated in its womblike environment, swathed in currents of noise and signals, spins complacently on its orbit through the cosmos.

-Paul d. Miller , dj spooky







 

 

 

«Le traitement de l’exposition est plus impressionniste que didactique. C’est une invitation au voyage intérieur : c’est au visiteur de tracer son chemin et d’être confronté à l’idée qu’il est lui-même un être métissé. »
-Robert Lepage, Extraits du site Internet de l’exposition Métissages au Musée de Québec

. «On ne le répètera jamais assez: le V jing est une forme d’art complètement en phase avec son temps. Comprendre : elle est toute à la fois éphémère, anarchique, ludique, technique, en perpétuelle révolution, mal payée, mal comprise et… particulièrement emballante pour ceux qui la pratiquent.»

- Yves Schaeffner
. extrait de l’article «Mix_sessions, Nuit Blanche».

 

 

«Le cinéma de Godard est une succession d’instants, de moments, de scènes, de «tableaux« qui n’ont pas de lien logique apparent, en tout cas pas dramatiques. Tout se déroule dans un présent qu’abolit le moment suivant comme le photogramme de la pellicule s’anéantit dans le suivant. De là l’importance de l’image-affect telle que définie plus haut : un instant détaché de son continuum spatio-temporel pour sa valeur émotionnelle propre, révélant la beauté ou la vérité d’un paysage, d’un être et, surtout, d’un visage.

…Bref ce n’est donc pas à ses confrères cinéastes qu’il faut comparer Godard mais à des musiciens. Pas n’importe lesquels d’ailleurs, Plus particulièrement à ceux qui travaillent le bruit comme musique (et vice-versa), qui usent de matériaux violemment hétérogènes et plus généralement à ceux qui pensent en terme de montage sonore et musical. Godard programmateur sonore prélève des sons dans le monde physique et des phrases musicales chez les compositeurs, de la même manière qu’il vole des mots ou des phrases chez les écrivains. C’est la même technique de fragmentation et de transformation qui est à l’œuvre ici et là. De ce point de vue, Godard est proche de William Burroughs et de sa formule du « cut-up ». On sait que l’écrivain arrache des phrases dans les journaux, les prospectus, les livres de toutes sortes et les tritures comme une matière, les retravaille dans sa machine schizophrénique au point que les questions de fidélité et de ressemblance ne sont plus du tout de mise. D’autant plus qu’il les plonge, les immerge dans une mer textuelle ou les phrases s’entrechoquent les unes les autres, sans souci aucun du contexte d’ou elles sont tirées. D’ailleurs Burroughs lui-même, comme ses confrères de la beat-generation, est un des écrivains les plus musicaux qui soient, proche du jazz- mais d’avantage encore du rap. »    

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Joel Magny, Les 24 vérités de Jean-Luc Godard par publié dans les cahiers du cinéma, spécial Godard, novembre 1990.



 

Si les sociétés ont une capacité pratiquement illimitée d'incorporation et d'assimilation, elles peuvent aussi entretenir mutuellement une relation d'invitation, d'interprétation et de transformation des unes et des autres, des unes par les autres. Elles se trouvent alors les unes avec les autres dans une relation d'intertextualité qui n'est pas un rapport nutritif avec une substance ingérée, Mais un rapport historique né d'une rencontre. Celle ci peut-être envisagée en termes catégoriels de désignation et d'assignation, mais aussi de liens d’amitié.

Ce qui nous est caractéristique du métissage, c'est ce mouvement qui consiste à accueillir ce qui ne vient pas de moi mais d'ailleurs.Accueillir l'autre sans chercher à le retenir (comme dans la passion amoureuse), encore moins à se l'approprier, est le propre du dialogue ou de l'entretien, sans lesquels on ne voit pas comment pourrait prendre forme une relation métisse.

Il n'y a pas de métissage sans don, sans amitié, sans confiance, ce qui ne signifie nullement une absence de conflits. L'amitié (plus que l'amour) n'est   pas une relation de préhension (prendre l'autre, s'en saisir et d'abord chercher à le séduire), mais de compréhension faite de proximité et de distance, d'implication forte mais aussi de discrétion.

- François Laplantine et Alexis Nouss, Métissages

 

’Si, comme nous le croyons, la pensée individualiste et la conscience privée étaient effectivement le produit de lecture et de l'écriture, alors l'utilisation des réseaux et la production d'univers mentaux sur écran devraient entraîner l'apparition de nouvelles formes d'association mentale.’’ 

- Derrick de Kerckhove                                

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  .«Quand Glen Gould accélère l’exécution d’un morceau, Il n’agit pas seulement en virtuose, il transforme les points musicaux en lignes, il fait proliférer l’ensemble. (…) L’idéal d’un livre serait d’étaler toute chose sur un tel plan d’extériorité, sur une seule page, sur une même plage : événement vécus, déterminations historiques, concepts pensés, individus, groupes et formation sociales. »

Deleuze.


L’idéal d’un livre serait d’étaler toute chose sur un tel plan d’extériorité, sur une seule page, sur une même plage : événement vécus, déterminations historiques, concepts pensés, individus, groupes et formation sociales.

-Deleuze
 
  .« Voilà que, dans la rupture, non seulement la matière du passé s’est volatilisée,  mais la forme de ce qui s’est passé dans une matière volatile, n’existe même plus. On est devenu soi même imperceptible et clandestin dans un voyage immobile. Plus rien ne peut se passer, ni s’être passé. Plus personne ne peut rien pour moi ni contre moi. Mes territoires sont hors de prise, et pas parce qu’ils sont imaginaires, au contraire : Parce que je suis en train de les tracer. Finies les grandes ou les petites guerres. Finis les voyages, toujours à la traîne de quelque chose. Je n’ai plus aucun secret, à force d’avoir perdu le visage, forme et matière. Je ne suis plus qu’une ligne. Je suis devenu capable d’aimer, non pas d’un amour universel abstrait, mais celui que je vais choisir, et qui va me choisir, en aveugle, mon double, qui n’a pas plus de moi que moi.On s’est sauvé par amour et pour l’amour, en abandonnant l’amour et le moi. On n’est plus qu’une ligne abstraite, comme une flèche dans le vide. Déterritorialisation absolue. On est devenu comme tout le monde, mais à la manière dont personne ne peut devenir comme tout le monde. On a peint le monde sur soi, et pas soi sur le monde. On ne doit pas dire que le génie est un homme extraordinaire, ni que tout le monde a du génie. Le génie, c’est celui qui sait faire de tout-le-monde un devenir. On est entré dans des devenirs-animaux, des devenirs-moléculaires, enfin des devenirs-imperceptibles. »  [...]              

-Deleuze et Guattari, Mille plateaux

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  R. C. :Le théâtre qui essaie de produire de la résolution est inacceptable. Il me donne l'impression d'être encore à l'école. C'est même pire, parce que ce type de théâtre voudrait nous faire croire qu'il dit la vérité. Même Brecht est tombé dans ce travers et cette prétention dogmatiques. Il est beaucoup plus juste pour le théâtre de laisser passer une inquiétude. C'est préférable parce qu'on demande alors aux gens qui y assistent de continuer l'histoire, de produire la part qui manque.

Q : Face à cette manière de faire le théâtre, il faut bien reconnaître que le Voyage au bout de la nuit a été, pour certains spectateurs, un rendez-vous manqué. Beaucoup de spectateurs ne viennent pas au théâtre pour travailler et inventer cette part manquante.

R. C. : Non, ils viennent pour reconnaître ce qu'ils connaissent déjà et pour être intellectuellement consolés. Cela devrait s'arrêter avec l'école où l'on reconnaît ce qu'on désire voir. Ce type de consolation produit de l'inertie, un marécage d'eaux mortes pour la pensée, alors que l'expérience théâtrale doit être un voyage, un chemin vers l'inconnu. C'est une aventure.

Extrait d’interview avec Romeo Castellucci directeur artistique de la Societas Raffaello Sanzio