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«On
ne le répètera jamais assez: le V jing est une forme d’art complètement en
phase avec son temps. Comprendre : elle est toute à la fois éphémère,
anarchique, ludique, technique, en perpétuelle révolution, mal payée, mal
comprise et…particulièrement emballante pour ceux qui la pratiquent.»
- Yves Schaeffner. extrait de
l’article «Mix_sessions, Nuit Blanche».
Les
constellations dynamiques
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Open Ended Narratives
Par Johnny Ranger
Racines de VJING
Le VJing c’est un acte
de création devant public, sensible à son environnement qui consiste à
manipuler en direct des images vidéo et des animations projetées sur
écrans sur le rythme de la musique en interactions avec l’environnement
scénographique et social. c’est un art de communication en direct,
spontané et avouons le, généralement visionné dans un contexte festif,
social ou le spectateur est acteur, libre de discuter, de se déplacer, de
danser et surtout libre de regarder un instant ces tableaux électronique
vivant. Ma vision du travail de Vjing puise son inspiration dans
des avenues déjà explorées par la vidéo d’art, les films d’animation, les
vidéo clips, le théâtre d’avant-garde et le travail de certains cinéastes
tel Godard, Greenaway et Reggio. Tous ces médiums offrent par moment un
montage libéré du récit linéaire traditionnel en adoptant un mode narratif
éclaté et organique: zapping, jeux de cadrages, montage anarchique,
ruptures de tons et de textures, fractures sonores et visuelles créent un
dynamisme qui favorise une diversité de lectures engendrées par des
rebondissements visuels.
Open-ended narratives
Le montage
vidéo en direct est un habile mélange de structure et d’improvisation.
Tout d’abord il y a une préparation de loops visuel contenant un
certain sens du rythme et qui peuvent s’enrichir par une lecture à
répétition, puis, au moment de la performance il y une improvisation en
contact à la musique, dans un esprit similaire au musiciens de jazz, qui
écoute les variations de tons, de jeux de rythmes, mais ou la gamme de vj
s’effectue en juxtaposant des séries d’images qui se mixe live à l’aide de
logiciels ou d’un mixer vidéo. Beaucoup de VJs développe leur
propre style qu’ils accentuent par un sens du design, d’une certaine
narration et peuvent puiser leur sources dans un repiquage des médias ou
dans une création d’images originale. Mon intérêt envers le vjing
s’est manifesté parce que je pouvais remixer mes propres images
vidéos, les intégrer à mon travail d’animation dans le feu de l’action, de
créer des tournages spontanées et qu’au lieu de présenter un clip de 10
minutes dans un festival de vidéo d’art, on m’allouait plusieurs écrans
géants pour plusieurs heures et un tout nouveau public provenant de
milieux divers. Par le jeu du hasard, comme dans tout acte de création,
les synchronismes foisonnent et les associations de thèmes créent un
langage visuel que je nomme open-ended narratives. Lorsque vous
construisez vos loops comme je le fais à base de petits moments
vidéo réels, vécus, spontanés, sous des thèmes précis ou du moins,
empreint d’une certaine cohérence, les résultats des mélanges d’images
révèlent par moment de fascinant liens cachés et de nouvelles associations
de sens stimulants.
Les musiciens à l’écoute de l’image
Par contre tout comme
certains musiciens ne sont pas toujours enthousiaste aux types d’images
qu’un VJ se permettre de coller à leur musique, la même chose peut
arriver pour un VJ ou par exemple, un rythme house n’est pas
toujours la vibration appropriée à certaines images. Décidant ainsi de
prendre un temps de recul de ce médium tout en voulant poursuivre
l’utilisation de sa particularité, j’ai décidé de créer un projet de vidéo
narratif non linéaire et multi-angles ou les musiciens live deviendrait
sensible au contenu en s’adaptant au rythme narratif des images. Les sons
originaux des bandes vidéo seraient mixés à la trame sonore brisant ainsi
la séparation trop souvent ressentie avec l’expérience DJ - VJ.
Les constellations dynamiques
Le principe des constellation
se compose d’une série d’éléments qui se regroupent par affinités,
différences ou complémentarités ou encore comme attirances énergétiques,
vibratoires, utilitaires, culturelles, etc... Un principe de points en
relation qui s’alignent constamment avec des éléments et constituent ainsi
des espaces du réel. C’est un regard poétique sur l’impact et la force qui
proviennent de ces rencontres et de leur pouvoir de transformation sur
notre perception du monde et de ses environnements et c’est aussi une
méditation sur les choix spontanés, irrésistibles et souvent
incompréhensibles de nos rapprochements, nos résonances envers les autres
et l’inconnu.
Tournage et montage nomades.
Au cours des
deux dernières années, je me suis déplacé dans divers pays afin de capter
des sons et des images sur le concept des constellations dynamiques. Ces
voyages ont généré des rencontres ponctuelles motivées par des attirances
personnelles et des choix subjectifs, intuitifs ou réfléchis, suivant une
ligne qui s’est dessinée en tenant compte d'une volonté de varier les
expériences en société. Je polarise ainsi les points de vue occidental et
oriental, du nord et du sud (Québec, Brésil, Californie, Inde, Bali) avec
l’intention de mettre en relief un métissage de l’expérience humaine qui
me fascine. L’exploration ne se limite plus aux cultures spécifiques mais
touche l’humain en tant que créature sociable et vivante qui partage le
monde avec une diversité de formes d'existence, qu’elles soient animales,
végétales, énergétiques, virtuelles, mentales ou simplement physiques. Je
ne cherchais pas à imposer ma vision au réel, mais à cueillir des
résonances sur le sentier de mes attirances.
Un contenu vibratoire d'une
intime universalité
Attiré par la
culture brésilienne depuis plus d’une dizaine d’années, ma rencontre avec
ce pays fut percutante et inspirante, particulièrement en ce qui concerne
son extraordinaire énergie vitale et rythmique. Ce peuple sensuel me fit
prendre conscience que mes concepts de constellations étaient beaucoup
plus qu’une corrélation de points de vue et de raisonnements, mais plutôt
des points de tensions vibrationnels. Je voyais très vite que les enjeux
qui m’intéressaient était beaucoup plus mondiaux que locaux et touchaient
cette force d’organisation du vivant et ce mouvement de masse humain que
l’on retrouve fréquemment dans certains événements à caractère artistique
ou religieux. Ma curiosité m’entraîna à observer ces événements qui sont
mus par un désir de transcendance de nos propres intérêts personnels en
cherchant à se fondre dans une mer collective et de poser un regard sur
une redéfinition de ce qui constitue les limites de notre individualité,
du silence intérieur indépendant des constructions de la personnalité. Je
préparais depuis plus de deux ans un voyage en Asie sur lequel je comptais
pour capter les images dédiées au projet des Constellations.
Des images furent captées
avec une caméra à la main dans un engagement personnel envers le monde
extérieur environnant. Celui qui regarde les bandes se retrouve parfois au
centre de plusieurs actions intimistes: ce point de vue est une
affirmation de la présence d’un individu comme témoin et participant d’un
lieu, c’est une relation de confiance et de conscience qui témoigne d’une
impossible objectivité envers les personnes qui se font capter par l’œil
de la caméra: on ressent un regard plus ouvert et intuitif qu’analytique
tout en gardant un sens du jeu qui n’emprunte pas le chemin du
documentaire ni celui de la fiction, mais qui scrute les signes et les
coïncidences que la vie met sur le chemin des intentions. L’adaptation se
glisse dans chaque mouvement du regard. C’est un moment présent qui reçoit
sans attendre, c’est une cueillette d'instants et de présences, une
recherche de fraîcheur et de légèreté.
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